Négociations dans la construction : entente ou grève ? Les votes sectoriels vont trancher
- Vincent Bernier
- 17 mars
- 3 min de lecture
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Alors que les négociations dans l’industrie de la construction avancent, le secteur entre dans une phase critique. Les votes sectoriels débuteront sous peu, et les résultats détermineront si l’industrie poursuit ses activités normalement ou si un arrêt de travail est inévitable.
Avec l’échéance des conventions collectives fixée au 30 avril 2025, certains secteurs ont réussi à sécuriser des ententes, mais le résidentiel est toujours dans l’impasse. Sans accord, les travailleurs du secteur verront l’écart salarial se creuser dangereusement avec les autres corps de métier, accélérant un exode déjà amorcé.
Si les travailleurs rejettent les offres ou si aucune entente n’est trouvée dans le résidentiel, une grève dès le 21 mai pourrait perturber massivement l’industrie.

Une industrie divisée : qui a signé et qui attend encore ?Négociations dans la construction
Certaines associations patronales ont déjà accepté des hausses salariales et des bonifications, mais l’APCHQ (Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec) reste sur la touche, incapable de conclure une entente pour le résidentiel.
Institutionnel, commercial et industriel (IC-I) : entente signée avec une augmentation salariale de 22 % sur 4 ans, appliquée dès mai.
Génie civil et voirie : même entente signée avec les mêmes hausses.
Résidentiel : aucune entente, ce qui pourrait creuser un écart salarial de 19 % dès le 1er mai avec les autres secteurs.
Si cette impasse persiste, le résidentiel deviendra encore moins compétitif, et les travailleurs auront peu de raisons de rester. Pourquoi attendre une augmentation de 8 % dans un an quand un simple transfert vers le commercial ou le génie civil offre immédiatement 19 % de plus ?
Les votes sectoriels : un verdict décisif
Les votes à venir vont déterminer trois scénarios possibles pour l’avenir de l’industrie, et c’est aux travailleurs syndiqués de trancher. Contrairement à ce que certains pensent, rien n’est encore décidé. Une entente de principe signifie qu’un accord a été trouvé entre les représentants syndicaux et patronaux, mais elle doit être entérinée par un vote des travailleurs pour entrer en vigueur.
Les travailleurs acceptent les ententes conclues → La stabilité est assurée, et les hausses salariales entrent en vigueur dès mai.
Les offres sont rejetées → Les négociations reprennent sous pression, et une grève devient une option sérieuse.
Le résidentiel reste sans entente → Un exode massif des travailleurs vers d’autres secteurs devient inévitable, fragilisant encore plus la construction de logements.
L’APCHQ semble incapable de s’adapter aux nouvelles réalités du marché, alors que les attentes salariales des travailleurs sont maintenant fixées par les ententes déjà conclues dans les autres secteurs. C’est maintenant aux travailleurs de décider de la suite.
Une grève dès mai ? Un calendrier serré et des conséquences lourdes
Fin avril : échéance des conventions collectives. Tous les secteurs doivent avoir conclu une entente d’ici là, sinon le risque de perturbations devient concret.
Début mai : mise en place des hausses salariales dans les secteurs ayant signé une entente. Les travailleurs des secteurs institutionnel, commercial, industriel et génie civil verront leur première augmentation appliquée.
21 mai : début possible d’une grève si les négociations échouent et que les votes rejettent les offres. À cette date, les travailleurs auront le droit légal d’exercer un arrêt de travail si aucune avancée significative n’est réalisée. Une telle situation paralyserait non seulement les chantiers résidentiels, mais aurait aussi un impact sur l’ensemble de l’industrie, avec des délais prolongés, des coûts en hausse et une aggravation de la crise du logement.
L’impact d’une grève : une paralysie du secteur en vue
Si les votes mènent à un rejet des offres et qu’aucun compromis n’est trouvé, une grève pourrait bloquer des milliers de chantiers à travers le Québec.
Retards sur les livraisons de logements, aggravant une crise déjà critique.
Pression financière accrue sur les entrepreneurs, qui devront jongler avec des coûts fixes et une main-d’œuvre immobilisée.
Tensions entre le gouvernement et les acteurs de l’industrie, les projets publics et privés étant directement affectés.
Un arrêt de travail prolongé aura des répercussions sur toute l’économie, freinant l’investissement et forçant des révisions budgétaires sur plusieurs grands projets.

L’industrie est à un tournant
Avec les votes sectoriels qui arrivent, l’industrie de la construction est face à un choix décisif.
Si les ententes sont acceptées, la stabilité et les hausses salariales seront appliquées dès mai. Mais si elles sont rejetées, la possibilité d’une grève dès le 21 mai deviendra une réalité.
Le résidentiel, déjà en crise, ne peut plus se permettre d’attendre. L’APCHQ doit réagir rapidement, sinon elle risque de perdre encore plus de travailleurs au profit des autres secteurs.
Les prochaines semaines vont sceller l’avenir de l’industrie pour les quatre prochaines années.
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